Mélanger les livres documentaires adultes/ados/enfants

Réponse de l'Enssib

Date de la réponse

Vous êtes à la recherche d'informations sur le fait de mélanger les livres documentaires adultes, ados et enfants, ce qu'en dit la loi et sur l'intérêt de mélanger ses fonds.

 

 

Avant tout, veuillez noter que cette réponse n'a aucune valeur juridique. 

 

D'après nos recherches, aucune loi n'interdit ni ne mentionne le fait de mélanger ses fonds.

 

Vous retrouverez ci-dessous des retours d'expérience issus d'articles ou de tables rondes concernant le mélange de fonds jeunesse et adulte : 

 

D'abord sur ce topic du forum Agorabib : Mélanger les BD adulte et jeunesse (à consulter intégralement) et Réaménagement de bibliothèque (à consulter intégralement également) dont voici un extrait : 

Je cherche des retours d’expérience de médiathèque ayant organisé ou réorganisé leurs collections en mélangeant fonds adultes et jeunesse :

 

Tous les fonds sont-ils concernés et lesquels en particulier ?


Toutes les collections imprimées sont mélangées sauf les ouvrages pour les enfants de moins de 7 ans, qui sont rassemblés dans un espace dédié.


- Les documentaires adulte et enfant sont rangés ensemble sur les étagères de l'espace documentaire.


- La littérature adulte et enfant est rangée sur des meubles différents mais physiquement rapprochés car toute la fiction est sur le même plateau. On a mis en regard les littératures de l'imaginaire adulte et enfant, cela crée le point d'ancrage entre les deux collections.


- Les BD ado et adultes sont mélangées dans les mêmes bacs, les BD enfant dans d'autres bacs. Tous les bacs sont sur le même plateau, enfant et ado-adulte séparés par un espace de passage informel.


Les DVD et les CD enfant et adulte sont réunis dans le même espace, non mélangés mais rapprochés (les meubles sont côte à côte), comme la fiction imprimée.



Un système de couleur de cote différencie les tranches d'âge ciblées (3 couleurs : enfant, ado, adulte). Ce système est valable sur tous les documents imprimés et les DVD, exception faite des documents pour enfants de moins de 7 ans (qui ont un système de repérage à part).

 

Quels en sont les avantages ou les inconvénients ?

 

En cas de mélange absolu, veiller à ce que les documents ne soient pas rangés trop haut, afin d'être accessibles aux petites mains. Sinon, pas d'inconvénient visible.


Avantages : les usagers vont se servir partout, même si les documents ne leur sont pas spécifiquement dédiés. C'est particulièrement vrai des adultes qui vont se servir en jeunesse (enfant ou ado), que ce soit en littérature, en cinéma ou en documentaires. L'inverse se produit parfois, surtout dans les BD et les documentaires.


 

Etes-vous revenus en arrière ou bien avez-vous décidé de le faire ? Pour quelles raisons ?

 

Non.

(...)

Source : Réaménagement de bibliothèque. Agorabib, 2013

 

 

Et dans cet article du BBF : 

La mise en scène des collections


Si l’espace de la grande salle n’est pas cloisonné, il est néanmoins divisé en dix secteurs, selon un principe que l’on pourrait comparer à la départementalisation d’un grand établissement. Chacun de ces secteurs est subdivisé en sous-secteurs auxquels correspondent des cotations particulières.

 

Trois de ces secteurs (petite enfance, littérature jeunesse, littérature adultes) sont dédiés à certaines tranches d’âges et le secteur BD est divisé en deux : adultes et jeunesse. Les secteurs documentaires sont multipublics, les documents édités pour la jeunesse étant intégrés avec les autres dans un classement Dewey unique ; ces documents pour la jeunesse sont néanmoins repérables par leur cote de couleur verte, les autres cotes étant blanches. À l’usage, ce décloisonnement est globalement efficient et satisfaisant, notamment pour les collégiens, mais, il s’est avéré nécessaire de faire un effort auprès des enfants plus jeunes, lors de l’inscription ou lors des visites de classes, pour leur indiquer qu’ils pouvaient trouver des documents les concernant ailleurs que dans le secteur jeunesse, qui est en fait le secteur « littérature jeunesse ».

 

Le choix d’avoir un lieu unique, renforcé par le fait que tous les documentaires sont rassemblés sans distinction de public destinataire, est aussi une tentative de réponse au problème de la place des adolescents dans la médiathèque : ceux-ci n’ont pas à choisir entre le secteur jeunesse et le secteur adulte, ils n’ont pas non plus à se rendre dans un secteur adolescent défini pour eux avec plus ou moins de bonheur.

 

La fiction est certes divisée entre adultes et enfants, mais l’unicité du lieu et le fait que la majorité du public – adultes comme enfants – circule dans l’ensemble du bâtiment permettent effectivement aux adolescents d’osciller, selon leurs aspirations individuelles, entre littérature adulte et littérature jeunesse sans être « repérés » comme adolescents. Ce n’est évidemment pas cela qui peut régler la traditionnelle disparition des bibliothèques d’une grande part des jeunes au moment de l’adolescence, mais nous avons pu vérifier que cela avait fonctionné au moins auprès de ceux qui sont restés utilisateurs depuis l’ouverture de la médiathèque.

Source : Mise en espace des collections dans une médiathèque : Quels partis pour quels effets ? Pascal Wagner, Bulletin des bibliothèques de France (BBF), n° 4, p. 44-49, 2008

 

 

La transcription d'une journée professionnelle sur le sujet : « Bibliothèques jeunesse : quelles évolutions ? » :

Le public jeune n’est pas homogène : petite enfance, enfance, pré-adolescence, adolescence, voire « adulescence »… Face à cette diversité, plutôt que de raisonner en secteurs (sauf pour les tout-petits, qui ont besoin d’un espace réservé à l’oralité), il vaut mieux penser en « itinéraires », créer des lieux passerelles favorisant le lien intergénérationnel et répondant à des besoins divers : si environ la moitié des ados vient pour travailler au calme, l’autre moitié cherche plus de convivialité.

 

On a donc plutôt besoin de bibliothèques familiales agréables pour tous. Quand la conception des bâtiments impose le cloisonnement des sections, la médiation doit pallier ce défaut. Il est possible de mélanger un minimum les collections en mêlant par exemple documentaires adulte et jeunesse. Les mélanges favorisent la découverte.

 

Diverses actions sont possibles : créer de véritables versions « jeunesse » des portails de bibliothèques, proposer des présentoirs intergénérationnels, des animations numériques innovantes… Les bibliothécaires peuvent aussi conseiller le public sur le numérique.

 

Les bibliothèques devraient, dans l’idéal, être des « forêts de propositions » et surprendre leurs publics, par exemple en associant les lecteurs à leurs actions (clubs de lecture), en créant des « pôles parentalité » pour prendre en compte le public parental, en étant visibles sur la Toile, en s’inscrivant dans des politiques publiques…

Source : Bibliothèques jeunesse : quelles évolutions ? : médiathèque d'Orléans, 30 mars 2015. Mélanie Leleu, Bulletin des bibliothèques de France (BBF), n° 5, 2015.

 

 

Pour aller plus loin :