FRBR

Réponse de l'Enssib

Date de la réponse

Vous souhaitez en savoir un peu plus sur le modèle FRBR et ses usages possibles dans le cadre du catalogage. La réponse que nous allons vous fournir s'appuie sur les usages français en matière de catalogage.

 

De fait, le modèle FRBR, élaboré en 1998 par l’IFLA, constitue une évolution majeure dans la conception des catalogues bibliographiques. Il remplace la logique traditionnelle de notices indépendantes par un modèle entité-relation structuré, fondé sur quatre niveaux hiérarchisés — Œuvre, Expression, Manifestation, Item (OEMI ou WEMI en anglais) — qui permettent de distinguer la création intellectuelle, ses différentes réalisations, ses formes éditoriales et ses exemplaires matériels. Ce modèle est destiné à exposer les données des catalogues de bibliothèques dans le cadre du Web 2.0

 

Cette modélisation améliore la compréhension et la navigation dans les catalogues. Elle répond aux besoins des usagers (trouver, identifier, sélectionner, obtenir), tout en réduisant les redondances pour les professionnels et en préparant l’évolution des systèmes vers une logique de données liées (Linked Data).

 

Toutefois, FRBR présentait des limites, notamment pour certains types de ressources et dans son articulation avec d’autres modèles comme FRAD et FRSAD. Pour y remédier, l’IFLA a publié en 2017 le IFLA Library Reference Model (ou modèle conceptuel IFLA LRM), qui unifie ces approches en un modèle unique, simplifie les structures et intègre pleinement les entités d’autorité dans un cadre cohérent aligné sur le web sémantique.

 

Ces principes sont mis en œuvre au niveau international dans le code de catalogage RDA, conçu pour être indépendant des formats et centré sur les entités et leurs relations. En France, cette évolution se traduit par le code RDA-FR, développé par la Bibliothèque nationale de France (BnF) et l’Agence bibliographique de l'enseignement supérieur (ABES), qui adapte le standard international aux spécificités nationales.

 

L’ensemble s’inscrit dans le programme de la Transition bibliographique qui s'est étalé de 2015 à 2025, visant à transformer les catalogues en graphes de données interopérables, ouverts sur le web et connectés à des référentiels externes. Cette mutation implique une évolution des pratiques professionnelles, des formats de production actuels (Marc21 et Unimarc) et des systèmes (SIGB), avec pour objectif d’améliorer la visibilité, la réutilisation et la qualité des données bibliographiques.