
Vous êtes à la recherche d’informations sur le fonctionnement de la LCC (Library of Congress Classification). Vous souhaiteriez notamment :
1. une explication générale sur la LCC
2. savoir comment les classes principales et leurs sous-classes ont été créées et avec quelle logique
3. comprendre comment fonctionne et est utilisée la table de Cutter et comment est précisément formée la partie de la cote qui concerne l'auteur
4. connaître les évolutions majeures de la LCC depuis sa création
5. savoir s'il y a des bibliothèques en dehors de l'Amérique du Nord qui utilisent cette classification
La LCC est un système d’organisation propre à la Bibliothèque du Congrès américaine.
Ce système a été développé en se basant sur la classification de Charles Cutter, Expansive Classification, créée en 1891, tout en s’inspirant de la classification des sciences proposée par Auguste Comte. Contrairement à la classification de Dewey, la LCC se base sur une véritable collection de quelques millions de livres que la bibliothèque possède.
Selon ce système, les domaines du savoir sont divisés en vingt classes principales et une classe supplémentaire pour les généralités. Chaque classe principale a un résumé ou des synopsis qui servent de guides. Ce mode de regroupement produit un ordre qui va du général au particulier et de la théorie à la pratique.
Source : Dispositifs d’organisation de la connaissance : étude comparée d’encyclopédies, de classifications et de thésaurus en anglais, français et arabe (vol.1). Inaam Charaf. Thèse en sciences de l’information et de la communication. Enssib, 2005, pages 179-180
Nous vous conseillons en premier lieu la lecture de cette ressource disponible en ligne :
Le choix d'une classification et ses enjeux (classification de la bibliothèque du Congres). Sophie Bernillon. Rapport de stage - DESS informatique documentaire, École Nationale Supérieure de Bibliothécaires (ENSB), 1990
Nous attirons particulièrement votre attention sur le point « II. Conception » (page 3) et le point « III. Structure » (pages 3 à 7). Extrait :
Contrairement aux autres grands modèles encyclopédiques, la LCC ne prétend pas à une organisation systématique du monde du savoir, mais seulement à un classement pratique des ouvrages de la Bibliothèque du Congrès. C’est donc un schéma classificatoire des livres selon leur contenu, plutôt que des sujets potentiels d’une bibliothèque.
L’empirisme se retrouve dans l’organisation générale du schéma : c’est l’importance relative du nombre d’ouvrages d’une discipline, et non son importance intrinsèque, qui détermine la place accordée à celle-ci. D’autre part, la LCC est le langage classificatoire dans lequel l’effort de systématisation est le moins poussé : peu de niveaux hiérarchiques, mais de longues énumérations de classes collatérales (de même niveau) ; pas de divisions communes ; une notation sans valeur expressive au-delà du second caractère.
Il s’agit ainsi plus d’une série de classes regroupées qu’une vue a priori du savoir humain. En contraste avec les autres langages classificatoires, la LCC demeure un schéma monohiérarchique énumératif.
Vous pourrez compléter avec ces deux ressources en langue française au format papier, présentes à l'Enssib, que nous avons consultées et dont nous livrons des extraits :
La classification Library of Congress : cours et exercices. Roger B. Bernier, Société du stage en bibliothéconomie de La Pocatière, 1973. Document le plus complet et le plus clair. Il est disponible en PEB. Extrait pages 6 et 7 :
Naissance de la nouvelle classification L.C.
C’est en 1898 que débuta réellement l’histoire de la Library of Congress Classification par la rédaction de la classe Z.
Cependant, avant que soit entreprise la rédaction du nouveau système de classification de la Library of Congress, il fallait en établir le plan. C’est ainsi qu’à partir du sommaire de l’Expansive Classification de Cutter, James Hanson élabora deux sommaires avant de fixer son choix sur celui de 1904.
[Suivent les deux sommaires mis en comparaison]
« Bien que la structure et l’énumération des sujets du système L.C. aient des affinités avec des systèmes antérieurs, les tables de la Library of Congress constituent une nouvelle initiative pour élaborer un système répondant à ses propres besoins. Les tables furent développées séparément par des spécialistes travaillant avec une très grande liberté d’action sous une même autorité. La plupart des tables furent élaborées à l’aide de la méthode inductive, en tenant compte des collections dans leur état actuel et de leur expansion prévisible ; la Library of Congress, en soi, doit avoir des collections qui couvrent tous les domaines de la connaissance. »
[L’auteur cite ici John Philipp Immroth : Classification Library of Congress ; manuel pratique d’utilisation. La Pocatière, 1969, p.11]
Pour résumer, on peut conclure (Bead, 1968) : « Finalement il en ressortit pour chaque discipline un tableau de classification complet qui était fait sur mesure pour les possessions de la LC, reflétait la nature des collections du développement des forces et leurs faiblesses... Du développement de la LCC, il est évident que les détails de chaque classe furent déterminés par l’étendue et le caractère des collections de la LC, sur deux points :
1 — Les collections ont déterminé quels sujets devaient être inclus du moment où chaque sujet dans une table (Schedule) doit être garanti par du matériel réellement présent dans la LC. Aujourd’hui, le même principe prévaut encore, sauf pour certaines subdivisions de forme (...).
2 — Des arrangements particuliers de matériel par catégorie de forme et réunion de sujets sont mis à disposition en tant qu’ils sont appropriés à la production dès qu’elle est disponible. En d’autres termes, la LCC est basée sur ce qui est souvent appelé « garant littéraire » (« literary warrant ») et est construite par utilisation d’une méthode inductive, de développement. C’est de cette manière qu’a été créé un système de classification dans lequel chaque sujet est justifié par le matériel existant et la création de classes vides est évitée... La LCC est complète, mais pas réellement universelle aujourd’hui. L’expansion de la classification est gouvernée par les acquisitions de nouveaux matériaux et dépend d’elles ... »
[L’auteur ici cite Bead C.C.. (1968). The Libray of Congress Classification : Development, characteristics and Structure. In The Use of the Library of Congress Classification, ALA]
Le fonctionnement de la table de Cutter, notamment la formation de la partie de la cote qui concerne l'auteur est développé dans deux leçon du manuel suscité :
La classification Library of Congress : cours et exercices. Roger B. Bernier, Société du stage en bibliothéconomie de La Pocatière, 1973. Extraits :
LEÇON 7
LE CHIFFRE CUTTER SIMPLIFIÉ
Le chiffre Cutter a plusieurs usages. Tantôt il entre dans la composition de l’indice classificateur L.C. (voir Leçon 3) ; tantôt il vient compléter la cote L.C. en tant que chiffre d’auteur et/ou indice d’œuvre (voir Leçon 8).
Il faut cependant souligner que, dans son application avec le système de classification L.C., le chiffre Cutter s’emploie presque toujours sous une forme simplifiée. Cette simplification se justifie par le très grand nombre d’indices classificateurs qui symbolisent les très nombreuses rubriques du système L.C.
Quelques principes élémentaires d’application complètent la table des chiffres Cutter simplifiés.
LEÇON 8
COTE DU SYSTÈME DE CLASSIFICATION LC
[...]
Chiffre d’auteur
Le chiffre d’auteur ne fait normalement pas partie de l’indice classificateur L.C. En d’autres termes, le chiffre d’auteur ne se retrouve habituellement pas dans les tables de classification L.C.
Par exemple, la cote DC 67 .T4 identifie l’ouvrage suivant : Le baptême de Clovis, 25 décembre…, par Georges Tessier. Une recherche dans la Table D vérifie l’existence de DC 67, indice classificateur signifiant l’histoire de la France sous le règne de Clovis, de 481 à 511.
Cependant, sous DC 67, il n’y a aucune rubrique qui explique le signe alpha-numérique .T4. Le symbole .T4 est un chiffre d’auteur composé à partir de l’entrée principale de la fiche catalographique. Le chiffre d’auteur .T4 est un chiffre Cutter simplifié (voir Leçon 7) qui représente Tessier, l’auteur.
(1) Chiffre Cutter et entrée principale.
L’entrée principale peut se présenter sous la forme d’un nom de personne, d’une collectivité-auteur et même d’un titre.
Exemples :
Tessier, Georges. Le baptême de Clovis, 25 décembre…
DC — Lettres doubles pour la sous-classe, Histoire de la France.
67 — Numéro signifiant le règne de Clovis, de 481 à 511.
.T4 — Chiffre Cutter pour l’entrée principale au nom de l’auteur, Tessier.
Société royale du Canada. L’évolution : la science et la doctrine
QH — Lettres doubles pour la sous-classe, Histoire naturelle.
366 — Numéro signifiant des traités généraux écrits après 1861 sur l'évolution, l'origine des espèces.
.S6 — Chiffre Cutter pour pour l’entrée principale à la collectivité-auteur, Société royale du Canada.
Dictionnaire d’histoire contemporaine, 1776–1969.
D — Lettre pour la sous-classe, Histoire générale et européenne.
205 — Numéro signifiant dictionnaires d’histoire moderne.
.D5 — Chiffre Cutter pour l’entrée principale au titre, Dictionnaire.
Concernant les évolutions de la Classification de la Bibliothèque du Congrès, vous pourrez vous reporter aux ressources suivantes :
Voici une sélection de bibliothèques hors Amérique du Nord qui ont choisi la classification de la bibliothèque du Congrès :
Bibliothèque Gernet-Glotz. Extrait de la section Les outils phares ? :
"L’intégration dans le Sudoc donne une bonne visibilité au fonds. Au niveau local, le catalogue est commun avec celui de la bibliothèque de l’INHA, pour proposer dans une seule vitrine ces fonds complémentaires. Quant au succès de la bibliothèque, il s’explique en partie par le libre accès, qui concerne la quasi-totalité des collections et se répartit sur trois niveaux. En concertation avec l’INHA, lors de l’installation sur le site Richelieu, c’est le classement thématique de la bibliothèque du Congrès à Washington qui a été adopté"
Bibliothèque du Musée de l’Homme. Extrait, page 3 du pdf :
"L'organisation des collections : cette masse documentaire fut dès 1937 organisée d'après la classification encyclopédique (avec une notation alphanumérique) de la Library of Congress de Washington une grande originalité pour une bibliothèque française."
Pour en savoir plus sur toutes ces questions, nous vous conseillons de contacter la Library of Congress.
Pour aller plus loin :