Estampille et désherbage

Réponse de l'Enssib

Date de la réponse

Vous souhaitez avoir confirmation que l'estampille est bien la marque de propriété d’une bibliothèque sur ses documents. Conséquemment, vous aimeriez savoir si lors d’un désherbage il est obligatoire d'apposer un tampon avec une mention de suppression sur cette estampille.

 

Avant toute chose, nous tenons à préciser que nous ne sommes pas un service juridique et qu’en conséquence notre réponse ne peut se prévaloir d’une telle valeur.

1) L’estampille, marque de propriété de la bibliothèque

Comme l’indique les recommandations techniques du ministère de la Culture :

L’estampillage est la marque de possession d’une bibliothèque ; il doit être exécuté dès l’arrivée du document dans l’établissement, et avant tout déplacement.

Source : Protection et mise en valeur du patrimoine des bibliothèques. Recommandations techniques. Ministère de la Culture, 1998, page 40


 

Vous retrouverez cette information dans le manuel de référence Le métier de bibliothécaire :

Pour signifier la propriété des documents, une estampille (tampon ou étiquette) désignant la bibliothèque propriétaire est apposé sur les documents acquis

Source : Le métier de bibliothécaire. Association des bibliothécaires de France ; sous la direction d'Yves Alix. Éditions du Cercle de la librairie, 2013, page 219


 

Les documents de formation bibliothéconomique le mentionnent toujours :

L’estampillage des documents consiste à apposer sur le document un cachet destiné à marquer l’appartenance de ce document à la bibliothèque. 

L’estampillage obéit à des règles précises : l’estampillage d’un livre se fait sur la page de titre, à l’achevé d’imprimer, quelquefois sur la tranche, et sur certaines pages (par exemple, p. 7, p. 77, p.177…).

Source : Le circuit du document. Coopération CRFCB (Centre Régionaux de Formation aux Carrières des Bibliothèques) – Préparation Concours, 13 juillet 2024, page 4

2) Traitement matériel lors du désherbage

Il est en effet de rigueur de marquer le document sortant, de telle sorte qu’il soit indiqué sans ambiguïté sorti des collections. En la matière les pratiques se recoupent, même si elles peuvent légèrement différer.

 

Nous vous livrons tout d'abord les préconisations du manuel de référence Le métier de bibliothécaire déjà cité :

Elle [l’estampille] restera présente même si le document est éliminé des collections de la bibliothèque et sera rayée ou modifiée par l’ajout d’une autre marque indiquant que la bibliothèque n’en est plus propriétaire.

Source : Le métier de bibliothécaire. Association des bibliothécaires de France ; sous la direction d'Yves Alix. Éditions du Cercle de la librairie, 2013, page 219


 

Une recommandation similaire est partagée par la bibliothèque départementale du Lot-et-Garonne :

Sur le livre : rayer le tampon de la bibliothèque, enlever le code-barre et autres marques d’appartenance, les fiches de prêt et porter la mention "pilon" 

Source : Désherbage : mode d’emploi. Bibliothèque départementale des Deux-Sèvres, janvier 2024

 

 

Vous la trouverez de manière plus sobre dans le manuel Désherber :

Le tampon « sorti des collections » (ou autre formule identique) est, naturellement, de rigueur.

Source : Désherber en bibliothèque : manuel pratique de révision des collections. Sous la direction de Françoise Gaudet et Claudine Lieber. Éditions du Cercle de la Librairie, 2013, page 100


 

Pour aller plus loin, nous ne résistons pas à vous partagez cet extrait d’une circulaire de 1910 :

une estampille ineffaçable peut empêcher le vol, le rend en tous cas apparent pour tous, lorsqu'il a été commis, et apporte avec elle une preuve matérielle de propriété, la meilleure, la plus claire des preuves, partant la moins discutable

Source : « Appendice V. - Circulaire relative a l'estampillage des documents conservés dans les bibliothèques publiques ». In Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque par Léopold Delisle. Léopold Delisle. Librairie Honoré Champion, 1910, page 89