Desherbage des périodiques en collège - surface recommandée pour une réserve

Réponse de l'Enssib

Date de la réponse

Dans le cadre de travaux impliquant une réduction de la surface de la réserve de votre CDI, vous souhaitez connaître les principes et pratiques de conservation d'une sélection de périodiques jeunesse, ainsi que d’éventuelles recommandations concernant la surface d’une réserve de CDI en collège.

 

Principes et pratiques de conservation de titres de périodiques jeunesse

Tout d'abord, les durées de conservation des périodiques tels que Okapi, 1 jour 1 actu ou encore Geek junior ne font pas l’objet de règles précises. Elles relèvent de la politique documentaire de chaque établissement.

 

De cette façon :

Il n'existe pas de méthode idéale ou universelle de désherbage des collections.

En plus des critères classiques d’obsolescence de l’information, de l’état physique des documents, chaque établissement doit définir sa propre politique de conservation en fonction de son public élève et professeur, des programmes, des contraintes budgétaires, des contraintes locales.

Source : https://ressources.solutionsdocumentaires.fr/. Consultée le 08/04/2026

 

Cette approche est confirmée par la littérature professionnelle, qui souligne que les choix de conservation sont étroitement liés aux contraintes matérielles et aux arbitrages documentaires :  

 

Dans la pratique, ce sont bien souvent les capacités de stockage qui déterminent la masse maximale d'un fonds en libre-accès [...]. Les titres à faible rotation, auxquels on souhaite donner une seconde chance, seront partiellement ou entièrement transférés dans une réserve de la bibliothèque ou un magasin central, commun aux différents établissements d'un réseau. Néanmoins, il faut bien voir que la relégation, aussi rassurante (elle évite de prendre une décision irrévocable) ne vaut que pour les titres dont l’élimination s'avérerait préjudiciable à l'équilibre des collections, et non comme solution temporaire. Elle génère des dépenses conséquentes, liées à la construction éventuelle d'une bibliothèque de dépôt, aux opérations de maintenance et de conservation des documents, ainsi qu'à la mise en place d'un service de communication des titres relégués. La mise en place d'un plan de conservation et d'élimination partagés semble préférable. Il appartient par ailleurs à la politique documentaire de déterminer, titre par titre, la date à partir de laquelle s'effectue la relégation ainsi que la durée d'archivage des titres n'ayant pas vocation à être conservés sur le long terme. 

Source : Revues et magazines : guides périodiques à l'intention des bibliothèques publiques. Eric Peltier (dir.). Editions du Cercle de la librairie, 2006

 

Ainsi, les durées de conservation doivent être définies localement, en fonction à la fois des usages pédagogiques et des contraintes d’espace. Dans ce cadre, la réduction de votre réserve constitue un élément important pour guider vos choix.

 

À titre de repère, même si le contexte diffère (bibliothèque universitaire), l’exemple de la bibliothèque Sainte-Barbe illustre des pratiques concrètes de gestion différenciée des périodiques :

 

 

Les critères

La durée de conservation

Le premier critère de désherbage des périodiques imprimés à la bibliothèque Sainte-Barbe est la durée limitée de la conservation : la date du désherbage est programmée dès l’arrivée des fascicules.

Au kiosque, la durée de conservation la plus courte est d’une semaine (L’Officiel des spectacles) ; les quotidiens sont conservés 1 mois, les hebdomadaires 2 mois, les mensuels entre 1 et 5 ans.

L’intérêt éphémère des contenus mais également l’espace disponible ont un impact direct sur ces durées de conservation. L’état des collections est également pris en compte ; celles-ci n’étant pas reliées se dégradent rapidement, tout particulièrement les journaux.

Les revues disciplinaires sont conservées plus longtemps, mais la durée maximale de conservation d’un titre à la bibliothèque Sainte-Barbe n’excède pas 10 ans. Les revues de droit, souvent manipulées, sont les seules à être reliées pour être conservées pendant une décennie.

Le désherbage régulier des fonds, qui a commencé dès 2009, est purement un désherbage des collections rétrospectives.

Source : hypotheses.org. Consultée le 08/04/2026

 

Ce retour d’expérience met en évidence deux critères déterminants, également transposables en CDI à savoir :

 

-le caractère plus ou moins éphémère de l’information ;

-l'espace disponible.

 

Il peut être également utile de comparer les pratiques d’autres bibliothèques en consultant leurs états de collection via leurs catalogues en ligne, même si les dimensions de leurs espaces disponibles seront différentes du vôtre ( exemples : Réseau des bibliothèques de la Ville du Havre, Réseau des bibliothèques de la ville de Rouen,  Médiathèque de Lorient ...). Vous pouvez aussi échanger avec vos pairs en vous abonnant aux listes : cdidoc-fr@groupes.renater.fr et https://groupes.renater.fr/sympa/info/enseignants-documentalistes

Surfaces de réserves : éléments de repère

Il n’existe pas, à notre connaissance, de recommandations spécifiques aux CDI concernant la surface des réserves. Néanmoins, des repères issus des bibliothèques territoriales peuvent éclairer votre réflexion.

 

Ainsi, la Médiathèque départementale de Seine et Marne indique qu'une réserve destinée aux collections en bibliothèque municipale est :

 

indispensable au delà de 500 m2 de surface totale [...]

Pour être utile(s), elle(s) doi(ven)t pouvoir contenir un pourcentage
suffisant des collections : on compte 300 documents par m2 de
stockage – N’a pas d’intérêt en deçà de 10 m2.

 

Source : Mediatheque.seine-et-marne.fr. Consultée le 08/04/2026

 

 

D’autres recommandations générales relayées notamment par la Bibliothèque départementale des Deux-Sèvre proposent une répartition indicative des espaces :

 

Surface minimum demandé dans la convention : 0,07 m2 par habitant (ou minimum 50m²)
Nombre de documents/m2 préconisé : environ 35
• 60 % de la surface totale affectée au public
o dont 20 % fonction accueil : banque de prêt + toilettes + sas poussettes/parapluie...
+ tisanerie/point boissons
o Nombre indicatif de places assises : 5 pour 1 000 habitants. Nombre de places pour
adultes, indépendamment des surfaces dédiées aux accueils de groupes d'enfants
• 20 % affectés aux usages professionnels (bureaux, atelier, réserves)
• 20 % affectés aux circulations

 

Source : https://mediatheque-pro.deux-sevres.fr. Consultée le 08/04/2026

 

Ces données, bien que conçues pour des bibliothèques publiques, permettent de situer la réserve comme un espace fonctionnel intégré à un équilibre global.

 

Concernant plus spécifiquement les CDI, les surfaces apparaissent très variables selon les établissements. À ce titre, l’enquête de la FADBEN : Le professeur-documentaliste, le CDI et l'ouverture culturelle où une partie est consacrée aux surfaces : Les CDI : des structures très variables (2015) met en évidence cette hétérogénéité.

 

 

Pour aller plus loin