
Vous vous demandez si la cotation des livres mangas dans une médiathèque doit être faite au nom de l’auteur ou au nom de la série.
Il n’existe pas de norme à proprement parler concernant la cotation, mais des usages, qui doivent au sein d’une même structure être homogènes, afin de faciliter l’accès des documents. Le choix d’un type de cotation dépend des pratiques de votre public et des spécificités de votre bibliothèque.
Concernant les mangas et bandes dessinées, nous avons trouvé lors de nos recherches, plus souvent l’usage suivant :
Exemple 1, bibliothèque départementale de la Dordogne :
Structure de la cote :
• BD pour Bande dessinée adultes
• 3 premières lettres du nom de l’auteur ou de la vedette de forme: Choisir comme auteur en priorité le scénariste puis l'illustrateur.
• Première lettre du titre de la série ou de l’ouvrage.
Concernant les séries, le titre retenu pour la cote peut être le titre propre de la série ou le nom du personnage “ emblématique ” de la série tel qu’il est le plus connu. Si le document ne fait pas partie d'une série, choisir la première lettre du titre de l'ouvrage.
Source : Guide de cotation des livres. Bibliothèque départementale de la Dordogne, 2016, page 6
Exemple 2, bibliothèque départementale de la Sarthe :
COMMENT COTER LES BANDES DESSINÉES ?
Une bande dessinée est le résultat commun entre un scénariste et un illustrateur. On retient pour la cote les 3 premières lettres du scénariste ; le plus difficile est de déterminer si l’on a affaire à une série ou à un cycle, qui donnent lieu à des cotes différentes.
Une série regroupe des albums qui contiennent des histoires indépendantes avec un héros récurrent.
1 histoire = 1 volume.
Les albums de Tintin, d’Astérix, de Soda, de Titeuf,… Les séries sont très fréquentes dans le secteur Jeunesse.
Le cycle, c’est une histoire qui se déroule sur plusieurs albums. Chaque album ne peut pas se lire individuellement.
Le cycle reprend la première lettre significative du titre du cycle, suivi de la numérotation dans le cycle. Le dernier album du cycle sera numéroté de la façon suivante « P6/6 » pour signaler au lecteur que le cycle est terminé.
Source : Le classement des livres en bibliothèque. Sarthe Lecture, page 8
1) La configuration est semblable, mais on spécifie en première ligne le type de public visé (âge).
LES DIFFÉRENTS NIVEAUX DE COTE DES OUVRAGES DE FICTION
(jeunesse, adultes, bandes dessinées)
Le niveau 1 indique la catégorie à laquelle l'ouvrage appartient (roman, album, bande dessinée,...)
Le niveau 2 est constitué des trois premières lettres du nom de l'auteur (pour les livres jeunesse) ou des 4 premières (romans et romans policiers adultes)
Le niveau 3 correspond à la première lettre du titre (les articles ne sont pas pris en compte)
[...]
LES COTES DES BANDES-DESSINÉES ET MANGAS
1er niveau :
• X pour les bandes dessinées et mangas pour adultes
• BDA pour les bandes dessinées et mangas pour adolescents (+ pastille orange)
• BD pour les bandes dessinées et mangas tous publics
Le 2eme niveau est constitué des 3 premières lettres du nom du scénariste
Source : Les cotes de la médiathèque départementale. Médiathèque départementale du Tarn-et-Garonne
Ce qui donnerait pour votre exemple :
BDA
KUS
p
BDJ => Genre + type de public (J pour jeunesse)
KUS => trois premières lettres de l’auteur
POK 1 => trois premières lettres de la série + tomaison
Source : Notice du catalogue de la médiathèque de la Vallée de la Haute-Sarthe : Pokemon, La grande aventure, noir et blanc. Kusaka Hidenori, Kurokawa, 2023
2) Le nom de l’auteur n’apparaît pas. On lui préfère le titre de la série.
Ainsi la médiathèque départementale du Jura préconise :
Pour les séries de bandes dessinée, les 3 premières lettres qui suivent la désignation du genre sont celles du titre de la série, ou parfois de son personnage principal. Dans le cas d'une série "à suivre", une tomaison est ajoutée.
Source : La cotation des documents. Médiathèque départementale du Jura
Ce qui donne :
BD
POK
1
Nous vous partageons pour compléter ces quelques éléments de réflexion supplémentaires :
Des bulles en bacs : quel classement et quelle valorisation en bibliothèques de lecture publique pour appréhender la diversité de la bande dessinée ? Guillaume Picard. Mémoire de master, 2013
Lire notamment la section 2.4. La segmentation et la valorisation des bandes dessinées en bibliothèque. Extrait page 96 :
Le classement, c’est-à-dire la manière dont sont rangés les livres au sein des segments présentés ci-dessus, est également lié aux pratiques des publics, comme cela a déjà été précisé plus haut : par héros ou titre de série en secteur jeunesse, et par auteur pour le secteur adulte. Bien que cette méthode soit utilisée par la très grande majorité des bibliothèques interrogées, des exceptions existent, chaque structure ayant, finalement, ses procédés propres
Le classement par genre est une autre sous-section que l’on peut croiser, assez rarement, car elle est vite dysfonctionnelle. Il n’est en effet par rare d’avoir des titres multigenres, comme l’aventure humoristique ou le polar historique. Certes ce problème est celui de toute la fiction, mais il est multiplié avec la bande dessinée et les sous-secteurs créés régulièrement.
[…]
Utiliser une typologie n’est pas inutile, mais dans un secteur où le lecteur a une relative curiosité, ce que le classement en bac et son approche incitent, cela paraît plus restrictif qu’utile. Une option réalisable, mais chronophage, est d’identifier une liste de genres, au maximum une quinzaine, par un logotype et d’apposer sur les plaques des séries les logos selon le ou les genres – leur avantage étant de pouvoir se cumuler. Le système peut s’étendre aux one shots, mais si l’on se retrouve avec une biographie historique romancée d’un policier, adapté d’un texte paru ailleurs, cela risque d’être un peu chargé.
Afin d’obtenir des retours d’expérience, n’hésitez pas à solliciter des collègues via le forum Agorabib. Vous pourriez par exemple relancer la discussion : Classement bd mangas comics.
Pour aller plus loin :